Il y’a quelques semaines, j’ai
découvert sur Facebook un
groupe dénommé : « Sauvez
l’orthographe, mangez un
jeune ».
Ce groupe au nom anecdotique,
se fondant sur le constat
que les jeunes éprouvent d’énormes
difficultés orthographiques,
rassemble un peu plus
d’un millier de personnes.
Comme les initiateurs de ce
groupe, je me suis posé la
question suivante : pourquoi
écrivons-nous avec tant de fautes
?
Pour attaquer le sujet, il était
important que j’obtienne des
points de vue de personnes de
mon entourage. J’ai d’abord
posé la question à un instituteur,
ensuite à un ainé puis finalement
à un ami étudiant en
lettres modernes.
Le mépris de la dictée
L’instituteur dénonce le mépris
de la dictée scolaire et la
culture de la légèreté. Pour
lui, la dictée scolaire, créneau
idéal d’apprentissage et de
perfectionnement de la langue,
est mise à mal. La pratique de
cette activité n’est plus régulière
dans nos écoles et les fautes
sont de moins en moins
sanctionnées. Il décrit également
la culture de la légèreté
et le niveau d’exigence terriblement
bas au regard, notamment
de ce qui était demandé,
il y a quelques années. Ainsi,
l’on voit des jeunes, aller du
collège à l’université, trainant
dans leurs cartables les mêmes
lacunesUn manque de lecture
Selon mon aîné, la principale
cause de ce phénomène serait
le mépris de la lecture. Il ajoute
que les jeunes développent,
ce qu’il qualifie lui-même de «
dépendance chronique » à l’égard
des technologies de l’information
et de la communication.
Ainsi nous sommes plus
intéressés par Internet et par
nos téléphones portables que
par nos petits bouquins. Par
exemple, à cause du correcteur
d’orthographe installé sur
les ordinateurs, les jeunes
n’ouvrent plus le dictionnaire.
L’abus d’Internet
L’étudiant, quant à lui, y voit
principalement le résultat de
l’utilisation abusive des technologies
de l’information et de
la communication : Internet
avec les réseaux sociaux et les
blogs. Pour lui, Internet favorise
l’illettrisme des jeunes à
travers messageries instantanées
et la culture de l’abréviation.
Même argument en ce qui
concerne l’utilisation des téléphones
portables avec les sms.
Des solutions?
Plusieurs solutions sont envisageables
ici, selon nos interlocuteurs.
En premier lieu, une
meilleure politique de la lecture.
Ce qui passe par l’organisation
d’ateliers d’écriture, la
promotion des bibliothèques
mobiles afin de faciliter l’accès
des ouvrages aux nombreux
jeunes qui n’ont pas accès aux
bibliothèques par manque de
moyens. Il faut ajouter à cela,
une meilleure intégration de la
lecture dans les programmes
scolaires et dans les activités
culturelles dédiées aux élèves
(exemple : Vacance Culture).
Il faut également insister sur
l’importance de la dictée scolaire
en la rendant obligatoire
au collège et même au lycée.
Des activités utiles
Enfin, l’organisation de
concours d’orthographe ou de
dictée serait la bienvenue dans
le but de favoriser une émulation
saine entre les apprenants.
Les parents doivent suivre leurs
enfants en les aidant à améliorer
l’orthographe. Il peuvent
aussi offrir à leurs progénitures
des cours de remise à niveau et
les aider à être moins dépendant
du « cyberlanguage ».
Pour notre part, nous pensons
que si ces solutions sont appliquées
correctement, elles
contribueront grandement à
redorer le blason de notre système
scolaire.
A côté de tout cela, les médias,
décriés à tort ou à raison,
doivent jouer leur partition.
La télévision par exemple,
peut concevoir des émissions
littéraires attractives,
consacrées aux enfants, aux
adolescents et même aux adultes.
Kevin Sesse
in My School Mag N° 7 Telechagement gratuit cliquer ICI
